Les cloches de 2026 sont sur le point de sonner. Selon la coutume de la dernière décennie, je devrais être en train de passer en revue l’historique de mes commits GitHub de l’année, de résumer les nouvelles technologies apprises, les nouvelles fonctionnalités développées et les bugs tenaces résolus.
Mais cette année, assis devant mon écran, regardant le curseur clignoter dans l’éditeur Markdown, un sentiment sans précédent m’envahit :C’est peut-être la dernière fois que je fais un bilan annuel en tant que personne qui écrit du code.
Avec des outils comme Claude Code permettant la programmation autonome par l’IA, dès l’année prochaine, je n’aurai peut-être plus jamais besoin de taper manuellement ce code fastidieux.
Mon expérience de développement et mes capacités d’architecture, dont j’étais autrefois si fier, ne disparaissent pas, mais subissent une merveilleuse transformation morphologique :
Elles passent de l’état d’artisanat à celui d’instructions, de la mémoire musculaire au goût technique.
L’inflation du code et la rareté du goût
En 2025, nous avons assisté à un effondrement du coût de production du code. L’IA peut générer du code complet en quelques secondes, mais les problèmes suivent :le code généré par défaut par l’IA est souvent médiocre, verbeux, voire écrit juste pour écrire du code.
Dans cette nouvelle ère, le Coding (la capacité de coder) se déprécie pour devenir un consommable, tandis que le Taste (le goût) s’apprécie pour devenir un actif.
Cette année, le temps que j’ai passé dans l’IDE a basculé de l’écriture vers le réglage. J’ai découvert que mes préférences architecturales accumulées au fil des ans ne sont plus de simples concepts abstraits dans mon esprit; elles sont devenues la constitution suprême contraignant le comportement de l’IA.
J’ai encodé mon goût technique dans la configuration de Claude Code, faisant de l’IA le jumeau numérique de mon âme technique.
1. Contrôle de la complexité :La simplicité est la forme la plus élevée de complexité
L’IA adore générer du code standard complexe basé sur sa base de connaissances de pré-entraînement. Mais je dis à mon IA :La simplicité est la forme la plus élevée de complexité.
Dans ma configuration, j’exige qu’elle recherche un minimalisme extrême dans le code. Je n’ai pas besoin de modèles de conception (design patterns) excessivement encapsulés, ni de hiérarchies d’héritage redondantes juste pour faire de l’orienté objet. Car je sais que le code simple possède intrinsèquement une haute lisibilité et maintenabilité.
Auparavant, je devais refactoriser le code personnellement pour réduire la complexité; maintenant, en tant que réviseur, il me suffit de dire à l’IA :Cette logique est trop tordue, réécris-la de manière plus intuitive, et elle livre instantanément un code concis conforme à mon esthétique.
2. Préférences architecturales :L’art du flux de données et du découplage
Mon esthétique architecturale a toujours penché vers la Programmation Fonctionnelle (FP) et l’Architecture Orientée Événements (EDA). Je n’aime pas les états partagés enchevêtrés ni le bourbier du blocage synchrone.
Désormais, cette préférence est devenue le paramètre d’usine que j’impose à l’IA.
- Utiliser par défaut des fonctions pures, réduire les effets de bord.
- Prioriser l’EventBus pour la communication inter-modules afin de maintenir le découplage.
Lorsque l’IA génère du code selon ces principes, je ne vois plus de scripts désordonnés, mais des flux de données clairs et un traitement asynchrone élégant. Elle est devenue mon Évangéliste FP le plus obéissant, exécutant inlassablement le dogme des données immuables.
3. Sédimentation des actifs :De l’écriture de fonctionnalités à la construction par briques
Par le passé, nous tombions souvent dans le piège de réinventer la roue. Mais j’ai toujours insisté sur le développement modulaire et la conception architecturale de haut niveau. Mon objectif est le suivant :à mesure que le projet avance, nous devrions avoir de plus en plus de briques en main. Développer de nouvelles fonctionnalités devrait être aussi rapide que d’assembler des Lego, plutôt que de sombrer dans l’enfer de la maintenance à mesure que le volume de code augmente.
Cette année, j’ai entraîné l’IA à identifier et extraire les modules communs. Cette logique semble pouvoir être abstraite en un composant indépendant. Encapsule ce composant et place-le dans notre bibliothèque d’actifs.
Avec l’aide de l’IA, mon projet s’est transformé en un écosystème à croissance organique. Chaque nouvelle demande ajoute des actifs au système, plutôt que de la dette.
De plus, l’IA m’a donné l’assurance de ne pas faire de compromis, me permettant d’obtenir la satisfaction d’une architecture parfaite.
4. Orienté processus :Faire parler le code en langage humain
J’ai toujours détesté ce code rempli de jargon technique où l’intention métier est indéchiffrable. J’insiste sur le développement orienté processus, où le code doit coller au langage métier.
C’est désormais le protocole central de mon interaction avec l’IA. Je ne lui décris plus Boucle sur le tableau A et assigne à B, mais je lui dis :Exécute le processus ‘Commande Utilisateur’, déclenche l’événement ‘Déduction de Stock’.
Dans le code généré par l’IA, les noms de variables sont des termes métier, et les noms de fonctions sont des actions métier. Le code lui-même devient une documentation exécutable. Ce niveau de Code en tant que Métier est devenu plus facile à atteindre que jamais grâce au soutien de l’IA.
Conclusion :De Coder à Commander
L’année prochaine, je ne passerai peut-être plus une demi-heure à déboguer une erreur logique, ni à feuilleter la documentation pour la syntaxe et l’utilisation des bibliothèques.
Mais cela ne signifie pas que je suis au chômage. Au contraire, mon travail a évolué.
Je vais passer de Coder (Codeur) à Commander (Commandant).
Les User Prompts sont mon bâton de commandement;
Les System Prompts sont mes directives opérationnelles;
Les Agents sont mes troupes fidèles.
Ils perpétueront mon goût, construisant inlassablement des systèmes simples, modulaires, orientés événements et sémantiquement alignés avec le métier.
Au revoir, Coding.
Bonjour, Commander.